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Les piges kayak hommes vues par... Martin Dougoud

Mis à jour : 6 mai 2019


Les sélections équipe de France débuteront le 26 Avril à La Seu d’Urgell et dureront jusqu’au 4 mai à Pau. À la clé, l'opportunité de défendre la France lors des échéances internationales de la saison 2019 avec notamment les championnats d'Europe à Pau fin mai et les championnats du monde à Seu en septembre.

Pour l’occasion, contre-courant a décidé de vous présenter chaque catégorie à travers l’oeil d’un spécialiste de la discipline en question.


Aujourd’hui, on ouvre le bal avec les kayaks hommes ! Si Boris Neveu, présent en équipe de France depuis plus de 10 ans, semble être le leader incontesté de cette catégorie, ça se bouscule au portillon derrière lui. Entre les sélectionnés de l’an dernier (Mathurin Madoré, Quentin Burgi), les revanchards rompus à l’exercice (Mathieu Biazzizo, Etienne Daille), ceux qui rêvent d'accrocher leur première étoile (Benjamin Renia, Yves Prigent) et les jeunes aux dents longues (Malo Quéméneur, Simon Héné), ça risque de faire des étincelles ! Et on n'est jamais à l’abri d’une surprise…

Martin Dougoud, le kayakiste suisse, finaliste en coupe du monde à Seo l’an dernier et fraîchement vainqueur de la Py’cup de Pau aujourd’hui nous présente cette catégorie. Avec son regard d’expert, il nous dévoile les ficelles des courses à venir avec précision et humour.


Boris Neveu, tentera d'aller chercher sa 11ème sélection consécutive en équipe de France sénior !


Que penses tu du nouveau format de compétition (Qualifications puis finale avec 10 bateaux sur 4 courses) ?


Honnêtement je pense que c'est une bonne chose, car cela ressemble à une demi-finale et une finale comme sur les coupes du monde ou les championnats du monde. Il faut être dans le top 10 pour envoyer la "sauce dallas" en finale, donc je valide !


Selon toi, de quelles performances internationales vont être capables les K1H français durant cette saison 2019 ?


J'espère que les K1H français feront une saison internationale exemplaire. Mais tant qu'ils resteront derrière l'équipe Suisse, tout se passera pour le mieux…

“Il faut être dans le top 10 pour envoyer la "sauce dallas" en finale, donc je valide !“


Un petit mot sur les 3 sélectionnés de l’année dernière ?


Boris Neveu, on le connait tous depuis des années en équipe sénior, c’est un kayakiste avec une grande expérience, une navigation solide, un mental d'acier mais un peu râleur parfois lorsqu'il perd à la belote.

Quentin Burgi alias l'alsacien mou, n'est pas si mou qu'il n'y paraît. Avec une énorme technique, et une navigation très glissée, il est toujours prêt à utiliser ses neurones et les mouvements d'eaux les plus fins pour enfumer ses adversaires, mais attention à la touche…

Mathurin Madoré, le petit jeune parisien n'a peur de rien. Revenant de blessure l’année dernière, il avait réussi à tirer son épingle avec une navigation physique et très à l’attaque. Il est un grand espoir du kayak français, mais attention à ne pas oublier de mettre la tête entière dans toutes les portes !



Le Breton Yves Prigent, bien décidé à aller chercher sa première sélection cette année !

Est ce que tu penses que Boris Neveu va encore survoler les sélections et aller chercher sa 10ème sélection d’affilée ?


Pour être franc, je pense que Boris Neveu va aller chercher sa 10ème sélection en équipe de France avec facilité mais on n'est jamais à l'abri d'une surprise…


Un casque mal attaché, des changements de bateaux, des esquimautages : l’année dernière, Quentin Burgi et Matthieu Biazzizo ont bien animé la compétition chez les kayaks hommes. A ton avis, qui va faire le spectacle cette année ?


Je pense tout de suite à un « artiste peintre » : on le surnomme PLS (Pierre-Louis Seaussereau, ndlr), je sens qu'il va nous vendre du rêve avec des figures à en perdre son cou. Ainsi que Benj’ Rénia, qui est un excellent animateur de soirées échangistes...



“Pour moi, il y a de nombreux kayaks hommes qui ont le niveau pour passer en équipe de France, mais ça sera une grande guerre psychologique lors des sélections.“


Crois tu que certains jeunes peuvent créer la surprise durant les sélections ?


Évidemment ! Les "piges" sont des courses à part où tout le monde peut tenter sa chance en allant mettre un coup de pression aux anciens.

Mes premières pensées vont au jeune prometteur Malo Quéméneur, breton, mais pas con, qui nous montre de belles choses en ce début de saison. Je pense aussi à l'alsacien Simon Héné qui a une très belle navigation et une vitesse de déplacement très fluide.



Après une saison 2018 sans sélection, Mathieu Biazzizo aura à coeur de faire son retour en équipe de France.


On parle beaucoup des piges françaises comme d’une compétition très relevée et compliquée à gérer… comment tu vois ça de l’extérieur ? Est ce si terrible que ça ?


Pour ma part, ayant vécu les piges olympiques 2016 du bord, je trouve que c'est un évènement spectaculaire et très sympa à regarder mais qui demande une grande force mentale. Car il peut y avoir des retournements de situation comme jamais vu dans d'autres sports.

Donc oui c'est une quinzaine très spéciale dans le monde du kayak et qui demande beaucoup d’énergie.


Et toi, qu’est ce que tu donnerais face à cette armada de Français ? Tu te sélectionnerais ?


Malheureusement, on ne pourra jamais savoir si j'ai les épaules assez solides pour me sélectionner, si je prenais part aux "piges" françaises.

Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a des années où je n'aurais pas eu ma place et d'autres où j'aurais pu. Mais étant Suisse et aimant le bon fromage je préfère rester neutre comme mon pays !


“Je trouve que c'est un évènement spectaculaire et très sympa à regarder mais qui demande une grande force mentale. Car il peut y avoir des retournements de situation comme jamais vu dans d'autres sports.“


A ton avis, comment ces K1H peuvent faire la différence sur leurs adversaires ? Quelle serait ta stratégie ?


Pour moi, il y a de nombreux kayaks hommes qui ont le niveau pour passer en équipe de France, mais ça sera une grande guerre psychologique lors des sélections. Il faudra surtout ne rien lâcher avant la dernière course, y croire et se lâcher pour envoyer tout ce qu'on a dans le sac.


Quelles sont les spécificités de cette discipline ? Et pourquoi le kayak homme est la plus belle des catégories ?


C'est la discipline la plus dense et la plus difficile. Un nombre important d'athlètes, une navigation en évolution permanente : il faut trouver le chemin le plus rapide et le plus court pour être devant, parfois avec très peu d’avance. Pour moi cette catégorie est la plus belle, car c'est la plus dense du circuit avec de nombreux bateaux capables de faire une grosse performance. C'est la plus impressionnante en terme de vitesse à regarder !





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