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Les bonnes questions de la saison 2019

Mis à jour : mars 12

12 questions. 12 réponses. Et tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sans jamais oser le demander...

(Photo: Balint Vekassy ICF)


Mais où s’arrêtera Mallory Franklin ?


L’ascension de Mallory Franklin est vertigineuse, au point de se demander jusqu’où la britannique va aller. Depuis 2010 et ses premiers championnats dans les catégories jeunes, elle a fait un sacré bout de chemin pour parvenir au niveau qui est le sien aujourd’hui. Déjà de multiples fois médaillée en C1 sur les compétitions jeunes et chez les seniors, la voilà devenue également compétitive et régulière en kayak. Alors qu’elle n’était jamais montée sur le podium d’un championnat dans cette catégorie, que cela soit chez les juniors, les U23 ou les seniors, elle vient d’enchainer 2 médailles dans cette catégorie en devenant vice championne du monde à Rio cet été et vice championne d’Europe à Pau il y a quelques jours. En C1, si elle est présente sur les podiums seniors depuis les championnats d’Europe 2012, elle a réellement augmenté son niveau de navigation depuis 2 ans. Impressionnante dans cette catégorie lors des mondiaux de Pau en 2017, elle a réédité une performance similaire au même endroit il y a 2 semaines. A chaque fois cela s’est soldé par une victoire avec de nombreuses secondes d’avances. Par dessus tout, en canoë, cela semble être la seule à pouvoir réellement faire douter et remettre en cause la domination de Jessica Fox. Née la même année que sa concurrente australienne, elle va donc sur ses 25 ans et semble encore en avoir sous le coude. Aujourd’hui, elle figure au 6ème rang mondial en kayak et au 2ème en canoë. Et demain ?


Qui va exploser sur la scène internationale en 2019 ?


Chaque saison internationale réserve son lot de surprises et cette année ne dérogera pas à la règle. L’entrainement hivernal portant ses fruits, certains pagayeurs ont surement progressé plus rapidement que la concurrence et sont prêts à nous éblouir cet été. Comme tous les ans, on devrait donc voir de nouvelles têtes dans les finales et sur les podiums. Sans se perdre en de stériles pronostics, certains sportifs ont retenu notre attention et 2019 pourrait bien être l’année de leur éclosion au sein du gratin mondial. A commencer par Amalie Hilgertova, devenue championne d’Europe il y à deux semaines au nez et à la barbe des patronnes du circuit. Dans cette catégorie, notre Française Camille Prigent, en progression constante depuis ses débuts internationaux pourrait imiter sa concurrente tchèque. Déjà présente dans les finales l’an dernier (aux Europes à Prague et à la coupe du Monde de Cracovie) et championne du Monde U23, elle n’est encore jamais montée sur un podium d’une course senior majeure. Auteure d’un podium à l’Oceania Open en février, la voilà au 7ème rang mondial, prête à jouer les devants de la scène. Chez les C1D c’est l’Australienne Noémie Fox et l’Allemande Andrea Herzog qui ont retenues notre attention. Toutes les deux finalistes sur les coupes du monde l’an dernier mais également médaillées dans les catégories jeunes, elle n'ont pas encore exprimé la pleine mesure de leur talent. Ainsi Noémie à seulement été médaillée une fois en coupe du monde (à Seu en 2016) et Andrea jamais. Chez les kayaks hommes, il faut se tourner du côté de l’Autriche et vers un pagayeur sur qui on peut miser pour cette saison. Felix Oschmautz est déjà un habitué du circuit malgré ses 19 printemps seulement. Régulièrement placé mais jamais médaillé (4 fois finalistes aux Europes et 5ème en coupe du monde l’an dernier), il s’invitera peut-être sur ses premiers podiums chez les grands cette année. Ses performances lors des championnats d’Europe il y a quelques jours viennent confirmer cette tendance. l’Espagnol David Llorente et le Slovène Niko Testen sont eux aussi capables de s’installer parmi les meilleurs dans les prochains mois. Enfin chez les C1H , on est prêt à parier que le Tchèque Lukas Rohan décrochera ses premières médailles séniors en 2019. Et pourquoi ne pas voir Miquel Trave exploser en canoë cette année ? A seulement 18 ans, le poids plume espagnol, 15ème des championnats du monde 2017 et finaliste en coupe du Monde l’an dernier, peut compter sur une solide expérience dans les catégories jeunes.

Cela fait une belle liste de jeunes outsiders prêt à tout même si elle est loin d’être exhaustive…


Quentin Burgi continuera-t-il d'aller 2 fois plus vite en pagayant 2 fois moins ?


Qui portera le bob militaire suisse ?


Si vous êtes observateur, vous avez peut être déjà remarqué que lors des dernières semaines, les membres de la délégation suisse se partageaient un étrange couvre chef. Ce bob au flocage camouflage militaire, a été successivement porté par le céiste Thomas Koechlin, le kayakiste Martin Dougoud ou encore leur entraîneur Benjamin Buys. Loin d’être l’objet d’une volonté esthétique, cet accessoire au style douteux est en réalité plutôt subi par son porteur. En effet à l’issue de chaque week end de compétition, c’est le compétiteur le moins précis qui récupère cet étrange chapeau. Ainsi celui qui effectue le plus de pénalités durant ses manches doit porter ce cadeau empoisonné jusqu’à la prochaine course. Mais si les athlètes se montrent à la hauteur et ne partent pas à la faute, c’est donc l’entraîneur qui en hérite. Nous allons donc voir si les Hélvètes avaient besoin de ce surplus de motivation pour passer bien au milieu des portes. Mais, au bord des bassins, on pourra surtout facilement identifier le Suisse le plus pénalisé durant la saison. Reste à savoir de qui s’agira t il ? On espère pour eux qu’il finira sur la tête de « Bubu », leur entraîneur français.


Quels bleus iront défendre les couleurs françaises à Tokyo ?


Après des résultats en baisse ces dernières années, nos français sont à la relance. Plusieurs facteurs incitent à l’optimisme pour que France et médaille riment à nouveau. Primo, la grande stabilité de l’équipe depuis 2018 avec pour seul changement Martin Thomas à la place de Pierre-Antoine Tillard. Deuxio, l’embellie aperçue lors des championnats d’Europe avec 2 médailles sur les 4 catégories olympiques. Et tertio, la structuration de l’équipe d’encadrement avec le retour de Christophe Prigent au poste de manager de l’équipe slalom. Il avait déjà occupé le poste de directeur de l’équipe de France slalom pendant les années 2000. On a envie d’y croire car avec ce précieux et savant mélange de jeunesse et d’expérience au sein du staff et des sportifs, la mayonnaise pourrait prendre. Néanmoins, les luttes internes au sein de l’équipe risquent d’être bien présentes car en ligne de mire il y a les sélections olympiques pour Tokyo 2020. Éclaircissement : 4 courses vont compter dans le mode de sélection olympique français, les coupes du monde de Londres, Bratislava et Prague ainsi que les championnats du Monde de Seu. A l’issue de la saison, on conservera pour chaque athlète les 2 meilleurs résultats sur les coupes du monde plus le résultat aux championnats du monde afin d’effectuer un « classement français international ». Pour ce classement, le comptage des points sur chaque course se fait sur le classement scratch de la coupe du monde, c’est à dire en prenant en compte les athlètes étrangers. Par exemple, si Boris Neveu finit 2ème à Londres (2 points), 6ème à Bratislava (6 points), 23ème à Prague (23 points = joker) et 5ème à Seu d’Urgell (5 points), il obtiendra 13 points sur ce classement (2 + 6 + 5 = 13, le compte est bon). Dès lors, il faut remplir absolument 3 conditions pour garantir sa place aux JO de Tokyo : être le premier français de ce classement, marquer moins de 15 points sur ce classement et être le premier français aux championnats du monde. Si personne ne remplit ces 3 conditions, 2 options sont possibles : sélectionner le français qui s’est détaché de la concurrence sur ces 4 courses de référence même s’il ne remplit pas toutes les conditions ou organiser des nouvelles courses de sélections… Un peu compliqué mais au moins, nos français vont devoir faire leur preuve à l’international s’ils souhaitent s’aventurer en terre japonaise dans un an. Un surplus de motivation qui va booster nos bleus ou une pression supplémentaire qui va les inhiber ? Début de réponse à Londres ce week end !


Le Real Madrid ? Les Avengers ? Non, l'équipe de France de slalom 2019 !


Combien de temps vont encore tenir les céistes slovaques ?


Depuis 2007, la composition de l’équipe C1H slovaque aux championnats du monde n’a pas changé. Michal Martikan, Alexander Slafkovsky et Matej Benus : voilà le nom des titans qui la composent. A eux trois, ils auraient de quoi faire écrouler une cheminée avec toutes les médailles qu’ils ont remportées. Quoi de mieux pour symboliser cette escouade mythique que leur suprématie lors des courses par équipe, ils ont tout simplement remporté les 8 derniers championnats du monde dans cette épreuve ! Mais au delà de cette prouesse collective, ils sont surtout de véritables références lors des épreuves individuelles. On ne présente plus Michal Martikan, surement le plus beau palmarès de l’histoire du slalom. Quant à ses deux compères, ils n’ont pas grand chose à lui envier. « Slafko » a couru ses premiers championnats du monde senior en 1999. Ce qui représente le mieux sa régularité est peut être son palmarès au classement général de la coupe du monde : 8 podiums dont 3 victoires. Et pour finir, Benus, le troisième larron peut se targuer d’avoir été médaillé partout : aux championnats d’Europe, aux mondiaux et aux JO. À 40, 36 et 32 ans, Martikan, Slafkovsky et Benus semblent immortels mais le temps finira bien par les rattraper. Cependant, leurs épopées respectives ne sont pas totalement terminées et ils occupent encore tous les 3 le top 8 mondial. Benus est encore dans la force de l’âge dans cette discipline à maturité plutôt tardive. Slafkovsky, lui, semble se bonifier avec les années et pourrait bien découvrir ses premiers jeux olympiques à 37ans . Et l’aîné Martikan compense le déclin physique inévitable en faisant preuve d’une rigueur technique frôlant la perfection. Toutefois cette génération dorée devra bien laisser sa place un jour ou l’autre. En tous cas, avec Marko Mirgorodsky, 20 ans, 6ème aux Europes à Pau en l’absence de Slafkovsky (blessé), la relève est bien assurée.


Jessica Fox va-t-elle encore tout rafler ?


C’est un euphémisme de dire que Jessica est un cran au dessus des autres filles depuis quelques années. Aussi bien en kayak qu’en canoë, elle semble dominer de la tête et des épaules le circuit féminin. Mais jamais sa domination n’avait été aussi forte que l’an dernier : Championne du monde en C1, championne du monde en K1, vainqueure du classement général coupe du monde en C1 et vainqueure du classement général coupe du monde en K1. Whoa ! En tout elle aura gagné 10 des 12 courses majeures auxquelles elle aura participé en 2018 : 5 coupes du monde en C1 et 3 coupes du monde en K1 en plus de ses 2 victoires aux championnats du monde. Seules les coupes du monde de Tacen et de Seu lui auront échappé en kayak et encore, cela s’est joué à peu de choses : une erreur en bas de parcours lors de l’étape slovène l’avait poussée à la seconde place et un 50 de pénalité en Espagne l’avait privée de la victoire. Le slalom étant une discipline où il est difficile de remporter toutes les courses, il lui sera difficile de rééditer pareil exploit mais qui sait… Peut être est elle à nouveau capable de remporter ces 4 compétitions. Néanmoins, elle n’aura pas droit à l’erreur car si Jessica à énormément progressé ces dernières années, la concurrence ne se laisse pas faire. Hormis Mallory Franklin déjà évoquée, Ricarda Funk en kayak ou Nuria Villarubla en canoë, pour ne citer qu’elles, sont bien armées pour lui mener la vie dure.



Combien de kayaks hommes se feront battre par Ricarda Funk en 2019 ?


Comment va se dérouler la course aux quotas olympique ?


En 2019 se jouera la quête des précieux quotas olympiques pour accéder aux jeux de Tokyo 2020. Hormis le pays hôte déjà assuré d’avoir un quota dans chaque catégorie, chaque nation devra batailler pour obtenir le droit de courir aux JO dans un an. Ainsi lors des championnats du monde de Seu, des quotas seront distribués aux 18 premières nations en kayak et aux 11 premières en canoë dans la limite d’une personne par nation. Ainsi si le premier kayak français est 19ème mais avec plusieurs personnes d’un même pays devant lui, la France obtient donc le quota pour cette catégorie. En plus de cela viendra s’ajouter un quota par continent lors de l’année 2020. Sur chaque championnat continentaux, le premier bateau d’une nation pas encore qualifiée remporte ce quota supplémentaire. On rappelle également que les quotas sont non-nominatifs, c’est à dire qu’un athlète décroche le quota non pas pour lui mais pour sa nation. Cette dernière choisit ensuite d’inscrire qui elle souhaite aux jeux en fonction des règles de sélection nationale de chaque pays. C’est un peu compliqué mais en relisant 2 ou 3 fois, vous devriez comprendre… Ainsi on se retrouvera à Tokyo avec (comme depuis Pékin 2008) un seul bateau par pays et une vingtaine d’athlètes en tout par catégorie. À ce petit jeu, certaines nations risquent de passer à la trappe comme cela avait été le cas il y a 4 ans. A commencer par les kayaks hommes suisses et espagnols par exemple, qui avaient pourtant une belle armada. Idem pour les C1H suisses et italiens, qui étaient restés à quai. Cela montre qu’une déconvenue est vite arrivée et qu’il est difficile d’anticiper les potentiels échecs de certaines nations phares. Cependant, quelques unes de ces nations majeures devraient avoir quelques soucis à sélectionner des bateaux dans certaines catégories. C’est le cas de l’Autriche en canoë homme puisque comme en 2016, aucun céiste masculin ne participe aux compétitions internationales, ce qui est surprenant pour un pays compétitif dans toutes les autres catégories. Chez les C1D, certaines nations traditionnelles du slalom comme la Pologne, la Slovénie, l’Italie ou encore la Suisse vont devoir batailler pour décrocher un quota dans cette nouvelle épreuve. En effet, leurs meilleures prétendantes respectives pointent aux 35ème, 38ème, 49ème et 82ème rang mondial… À noter qu’une règle assez complexe a également été rajoutée pour cette olympiade: si une même personne décroche un quota dans 2 catégories différentes (en étant à la fois suffisamment haut dans le classement pour décrocher un quota tout en étant la première personne de son pays dans ces 2 catégories), le pays devra ensuite inscrire forcément la même personne dans ces 2 catégories lors des jeux olympiques (sans que cela soit forcément celui ou celle qui à décroché ces quotas, ces derniers étants non nominatifs). Exemple français : Imaginons que Lucie Baudu, qui coure la saison 2019 en C1 et en K1, soit celle qui décroche les quotas français dans ces deux catégories lors des mondiaux de Seu d’Urgell en septembre. La France devra obligatoirement inscrire la même personne en C1D et en K1D à Tokyo et peut donc potentiellement être confrontée à un choix épineux. Un scénario qui n’arrivera peut être pas pour nos bleues mais qui peut vite devenir un casse tête pour les nations possédant des athlètes qui doublent !


Que nous réserve Vavra pour son retour ?


Absent de l’équipe senior tchèque depuis 2 ans alors qu’il y était depuis 10 années consécutives auparavant, Vavrinec Hradilek effectuera son grand retour cette année. La densité chez les kayaks hommes dans ce pays est impitoyable avec 4 grosses pointures pour seulement 3 places chaque année. « Vavra », Jiri Prsavek et Ondrej Tunka, ont tous les trois été champions du monde en 2013, 2015 et 2017. Quant à Vit Prindis il est tout simplement numéro 1 mondial. Sans oublier l’infatigable Lubos Hilgert, l’habile Ondrej Cvikl et tous les jeunes qui n’ont rien à perdre et du talent à revendre.

Les sélections tchèques c’est affronter Nadal, Djokovic et Federer dans un tournoi du grand chelem. C’est courir un 100m contre Carl Lewis, Asafa Powell et Usain Bolt. C’est gagner l’UTMB devant Francois D’Haene, Xavier Thevenard et Kilian Jornet. Bref, les piges françaises à côté de ça, c’est une balade familiale dans la forêt de Fontainebleau. Cette année, c’est Tunka qui est passé à la trappe et c’est donc Hradilek qui est sorti indemne de cet enfer en compagnie de Prskavec et Prindis. On a hâte de le revoir sur le circuit, tellement le charisme et l’aura du showman tchèque font de chacune de ses manches un évènement en soi. Médaillé aux mondiaux, aux jeux et aux championnats d’Europe, Vavra a surtout marqué les esprits par sa capacité à faire le spectacle sur l’eau et au bord des bassins. Haranguer la foule avant une manche, partir deux fois plus vite que ses concurrents, mettre des débordés aux jeux olympiques, c’est la routine pour lui. On ne doute pas qu’il nous réserve encore quelques surprises pour son retour sur le circuit mondial. Pourquoi pas lors de la finale de la coupe du monde dans son fief de Prague ?




Les espagnols vont ils conjurer le sort des pays hôtes ?


Une malédiction s’est jetée sur les pays organisateurs des championnats du monde. En effet sur les deux dernières éditions, les nations hôtes ne sont parvenues à récolter aucune médaille dans les catégories olympiques. C’est le cas du Brésil qui n’a placé aucun athlète sur un podium l’été dernier à Rio. Plus surprenant, c’est aussi le cas de la France qui avait échoué dans cet objectif lors des mondiaux à Pau en 2017. Pour trouver trace d’une pareille anomalie, il faut remonter en 2007 lors des championnats du monde à Foz d’Iguacu, au Brésil déjà. Et sinon, le précédent, c’était en 1999 et les mondiaux avait lieu… à Seu d’Urgell, comme cette année ! Les hispaniques n’avaient remporté aucune médaille cette année là, contrairement à 2009 où Maialen Chourraut et Carles Juanmarti étaient montés sur les podiums chez eux, toujours à Seu d’Urgell !

Afin de conjurer le sort, la délégation espagnole devra donc s’inspirer du cru 2009 et non de celui de 1999. Pour cela, ils peuvent compter sur une équipe dense et performante. Si Maialen Chourraut est toujours parmi les leaders, la numéro 3 mondiale en C1D Nuria Villarubla peut aussi logiquement viser une médaille. Chez les garçons, les kayaks ont aussi quelques atouts à faire valoir. David Llorente, Joan Crespo et Samuel Hernanz forment une équipe homogène et l’un deux pourrait bien tirer son épingle du jeu. Quant aux C1H, leurs chances reposent sur les épaules de l’expérimenté Elosegi et du fougueux Trave.

A priori, la connaissance approfondie du bassin leur confère un avantage certain mais allez demander aux français et au brésiliens… cela ne garantit pas des médailles !


Que va faire l’ICF pour développer le slalom ?


A priori pas grand chose, mais on serait très heureux qu’ils nous surprennent. Oui c’est un tacle glissé, viril mais correct.


La paternité de Jiri Prskavec va-t-elle avoir un impact sur son niveau de performance ?


Cela fait maintenant quelques années que le tchèque impressionne par son style agressif. Toujours plus à l’attaque et sur des trajectoires raccourcies au maximum, il fait rêver et inspire un grand nombre de jeunes slalomeurs (coucou Anatole Delassus ! ). Mais il serait insultant de le réduire à cela car Jiri Prskavec est surtout devenu un véritable métronome ces dernières années. S’il paraît toujours sur la corde raide lors de ses manches, il est finalement très rare de le voir sortir de la route. Mieux, il est très régulièrement sur les podiums des grands évènements. Ses petites erreurs ou ses pénalités sont gommées par une vitesse de déplacement phénoménale. Ainsi entre 2013 et 2018, il a couru 12 championnats majeurs : 1 fois les J.O., 5 fois les championnats du monde et 6 fois les championnats d’Europe. Accrochez vous bien, car sur ces 12 participations, Jiri Prskavec c’est 9 podiums dont 4 victoires. Pour ceux qui n’en croient pas leurs yeux , voici le détail :


- En 2013: 1er aux Europe et 2ème aux mondiaux

- En 2014: 1er aux Europe et 18ème aux mondiaux

- En 2015: 6ème aux Europe et 1er aux mondiaux

- En 2016: 1er aux Europe et 3ème aux jeux olympiques

- En 2017: 3ème aux Europe et 19ème aux mondiaux

- En 2018: 3ème aux Europe et 2ème aux mondiaux


A seulement 26 ans, ce phénomène commence seulement à nous montrer l’étendue de son talent et on pourrait imaginer qu’il continue à monter en puissance au fil des années. Pourtant en 2019, il a commencé plus timidement que les années précédentes : déjà en difficulté lors des courses hivernales australiennes, il a paru moins impérial qu’auparavant sur les championnats d’Europe de Pau. Malgré sa présence aux avants postes, il a abandonné le poste de celui que tout le monde s’attend à voir réaliser des temps stratosphériques pour le laisser à d’autres (Oui, on pense notamment à un Anglais au tour de biceps démesuré). Rendez vous compte, à Pau c’est la première finale d’un grand championnat qu’il court sans finir médaillé depuis 4 ans ! Qu’est ce qui a bien pu changé dans la préparation du tchèque. Figurez vous qu’un heureux évènement est arrivé dans sa vie. Si tout cela n’était pas forcément prévu à l’origine, Jiri est devenu père d’un petit garçon le 24 mai dernier. Et si tout cela semble le ravir, il se pourrait que cela lui coûte tout de même un peu d’énergie dans sa préparation. A moins que cet enfant ne lui donne encore plus de motivation et de force pour compléter son large palmarès.



Jiri Prskavec 3.0


Un pays va t il décrocher sa première médaille mondiale ?


22 ! C’est le nombre de pays à avoir déjà remporté au moins une médaille dans un championnat du monde de slalom. Derrière les mastodontes tchèque, français, allemand, slovaque et anglais, certaines nations ont glané seulement quelques médailles au cours de leur histoire. Par exemple, L’Espagne, le Canada ou encore la Chine ont respectivement décroché 7, 2 et une médaille lors de leurs participations aux mondiaux. Ainsi on observe souvent les mêmes nations truster les podiums de cet évènement. Néanmoins, certaines délégations parviennent encore à débloquer leur compteur comme le Brésil en 2017 avec la médaille de bronze en C1D d’Ana Satila ou encore la Russie cet été avec la troisième place de Pavel Eigel chez les kayak. On peut donc se demander quelle pays est en capacité de décrocher la première médaille de son histoire en septembre 2019 à Seu d’Urgell. Même s’il est possible qu’aucun n’y parvienne, certains athlètes semblent en capacité de ramener la toute première médaille mondiale de leur nation. À commencer par la Nouvelle-Zélande, qui malgré un palmarès vierge aux championnats du monde, a déjà décroché une médaille olympique grâce à Luuka Jones en 2016 à Rio. La néo-zélandaise avait décroché l’argent entre Maialen Chourraut et Jessica Fox. C’est encore sur elle que reposent les espoirs et même si elle ne figure pas parmi les favorites, elle participera dans 2 catégories, en C1 et en K1 ou elle est respectivement 10ème et 19ème mondiale. Un autre pays inattendu pourrait bien débloquer son compteur et il s’agit de la principauté d’Andorre, avec Monica Doria Villarubla. Également compétitrice en kayak et en canoë, la jeune pagayeuse est moins bien classée que Luuka mais elle a toutefois un avantage de taille puisqu’elle s’entraine au quotidien depuis son plus jeune âge sur le bassin de Seu d’Urgell, théâtre des championnats du monde cette année. En pleine progression, elle pourrait bien créer la surprise grâce à sa connaissance approfondie du bassin, comme en atteste sa 9ème place sur la coupe du monde de Seu l’été dernier. Derrière ces deux pays, on voit mal qui pourrait réaliser cet exploit mais on regardera tout de même avec attention les nations suivantes : L’Ukraine avec Igor Tsviet et Viktoria Us, L’Irlande avec Liam Jegou, le Portugal avec Antoine Launay ou encore le Japon de manière globale et notamment avec Takuya Haneda.

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