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La saison 2019 en 10 dates

Mis à jour : mars 12

C’est parti ! Avec le début des championnats d'Europe ce week-end, le circuit international est lancé pour de bon. C’est donc sur le bassin de Pau que les festivités débutent et comme chaque année, chacun semble s’être préparé avec rigueur et professionnalisme. Les courses de cette semaine vont nous donner un avant goût de tout ce que l’on va pouvoir admirer pendant la saison. Des cris de la victoire aux larmes de la défaite, la dramaturgie habituelle du kayak slalom va encore nous prendre aux tripes pendant quelques mois. D’autant plus qu’en cette année pré-olympique, de nombreux athlètes vont jouer leur sélection pour les JO de Tokyo sur les compétitions internationales de cette saison. Avec admiration, on va voir les leaders nous éblouir, les outsiders s’affirmer et les jeunes pousses nous surprendre. Pour vous, on dresse un petit aperçu des échéances à venir pour ces incroyables sportifs.



L'allemand Hannes Aigner, vainqueur des championnats du monde 2018 ! (Photo : Balint Vekassy ICF)


Championnats d’Europe senior - Pau - France (31 mai - 2 juin)

Cette année, le coup d’envoi de la saison internationale se fera à domicile pour les Français. Dans leur quartier général de Pau, l’équipe de France aura à coeur de bien débuter la saison devant son public. Comme d’habitude, l’organisation a mis les petits plats dans les grands et malgré un budget bien inférieur à celui des mondiaux de 2017, la fête devrait être belle sur le stade d’eau vive palois. En effet depuis quelques années, les évènements sur le bassin pyrénéen sont une franche réussite et réunissent un public aussi large que varié. Cette fois ci les Français devront se montrer à la hauteur de l’évènement après des championnats du monde 2017 ratés. Il y a deux ans, malgré de nombreux bateaux français en finale, les bleus n’avait récolté aucune médaille dans les catégories olympiques. Les championnats d’Europe représentent une occasion en or de bien lancer cette saison 2019 pour la délégation tricolore.


Coupe du monde 1 - Londres - Grande Bretagne (14 - 16 juin)

Seulement deux semaines après les courses à Pau, tout ce petit monde va se retrouver outre manche pour la première étape du circuit coupe du monde. On va pouvoir observer le gratin mondial sur le bassin olympique de Lee Valley et notamment les non-européens qui feront leur entrée en piste. Tous les yeux seront évidemment rivés sur Jessica Fox, puisqu’après sa saison 2018 stratosphérique, nous aurons l’occasion de voir si elle redémarre 2019 sur les mêmes bases. Il sera aussi intéressant d’observer Michal Smolen qui avait été médaillé ici même aux mondiaux de 2015 à seulement 23 ans et qui semble en pleine forme après sa victoire lors de l’Oceania Open en février. En ce qui concerne nos petits français, c’est la première course de la saison qui comptera dans le mode de sélection olympique sur un bassin qui ne leur a pas toujours réussi. Emilie Fer et Tony Estanguet y avaient bien entendu remporté chacun un titre olympique en 2012 mais ils ont depuis pris leur retraite sportive. Les C2 avait également été performants lors des mondiaux de 2015 avec les équipages Pico-Biso et Klauss-Peche sur les 2èmes et 3èmes marches du podium. Hormis cela, seul Boris Neveu est parvenu à monter sur un podium international sur le bassin londonien avec sa victoire lors de la coupe du monde 2014.



Les tribunes étaient pleines à Pau en 2017 pour supporter les athlètes français. Le public devrait à nouveau répondre présent pour les championnats d'Europe à la maison !


Coupe du monde 2 - Bratislava - Slovaquie (21 - 23 juin)

Bye bye London, Ahoj Bratislava ! Seulement 5 jours après la fin des courses londoniennes, les meilleurs pagayeurs mondiaux s’affronteront à nouveau mais cette fois ci en terre slovaque. Au pays du canoë slalom, les seniors feront leur retour sur un bassin qui n’a pas accueilli de grandes compétitions sénior depuis une coupe du monde en 2013. Rappelez vous, Emilie Fer avait emporté la victoire avec plus de 3 secondes d’avance et Fabien Lefevre y courait ses premières compétitions sous la bannière étoilée . Si les U18 et U23 ont eu l’occasion de courir à de nombreuses reprises là bas depuis, on est prêt à parier que nombre de sportifs senior ont hâte d’en découdre à nouveau sur ce magnifique bassin. Quel meilleur théâtre pour ce genre d’évènement qu’un parcours où le scénario est imprévisible jusqu’au bout. Le « Niagara Falls », la dernière chute du bassin haute de 2 mètres est un véritable juge de paix. Après 1 minute 30 de course, les athlètes y arrivent avec les bras gorgés d’acide lactique et la vision troublée par l’effort. Seuls les tout meilleurs sont alors capables de faire preuve de lucidité pour ne pas partir à la faute et franchir la ligne d’arrivée sans encombre.

Tout comme la semaine précédente, les français y joueront également une partie de leurs sélections olympiques. A priori, on pourra déjà à ce moment là dresser un bilan intermédiaire assez éclairant dans la course vers Tokyo.


Coupe du monde 3 - Ljubljana - Slovénie (28 - 30 juin)

Pas le temps de se reposer avant cette troisième semaine d’affilée de compétition. Direction la Slovénie et le bassin de Tacen, déjà hôte d’une étape de coupe du monde en 2017 et des championnats d’Europe 2015. Néanmoins, on devrait observer une certaine rotation dans les listes de départ, compte tenu de l’enchainement des semaines précédentes. A priori, certains pays devraient ainsi faire le choix de laisser leurs meilleurs sportifs au repos afin d’envoyer des pagayeurs plus jeunes ou moins bien classés. Ça sera le cas de la France qui a choisi de confier l’étape Slovène à la délégation U23. Il sera intéressant d’observer les performances de ces jeunes mais talentueux pagayeurs à quelques jours des échéances moins de 23 ans. Certains y feront leur début en coupe du Monde comme Romane Prigent, Alexis Bobon ou encore Simon Hene. À eux de faire fi de l’enjeu pour montrer qu’ils sont capables de concurrencer les meilleurs mondiaux. À Tacen, il n’y a de toute façon pas le temps de beaucoup cogiter puisque les premiers mètres du bassin sont les plus violents : une chute aux dimensions impressionnantes qui joue de jolies surprises à chaque compétition organisée la bas. Nicolas Gestin auteur de 2 finales pour ses 2 premières coupes du monde y poursuivra t il cette belle série ?



Jessica Fox va-t-elle continuer à faire la loi sur le circuit mondial ?


Championnats d’Europe U18 & U23 - Liptovsky Mikulas - Slovaquie (5 - 7 juillet)

On retrouve la Slovaquie pour les championnats d’Europe U18 et U23 mais cette fois ci à Liptovsky Mikulas, dans le fief du kayakiste Jakub Grigar, une des têtes d’affiche de ces catégories jeunes. 14ème mondial et premier moins de 23 ans, il aura à coeur de remporter l’or sur ses terres. Mais n’allez pas croire que c’est chose aisée sur ces courses jeunes car les pagayeurs talentueux sont nombreux et rien ne les effraye. Difficile de savoir néanmoins si tous les leaders seront présents car certains feront peut être l’impasse sur cette compétition en vue de se réserver pour les mondiaux U23 et le circuit senior. Chez les Français, l’énergie des leaders et la densité de l’équipe devrait permettre une belle razzia de médailles comme chaque année. Ça sera également l’occasion de voir nos juniors à l’oeuvre. Si certains comme Emma Vuitton ou Anatole Delassus ont déjà prouvé leur talent l’an dernier, d’autres découvriront pour la première fois l’enjeu d’une grande compétition internationale. Vu leur niveau lors des courses de sélection, on ne doute pas que certains d’entre eux nous impressionneront.


Championnats du Monde U18 & U23 - Cravovie - Pologne (19 - 21 juillet)

Particularité du calendrier cette année, les championnats du monde dans les catégories jeunes auront lieu après les Europe et seulement 2 semaines plus tard. L’occasion rêvée de poursuivre la belle dynamique créée 15 jours auparavant ou au contraire de rebondir tout de suite après un échec. A seulement 150 kilomètres, on retrouvera quasiment les mêmes sportifs mais cette fois ci sur le bassin de Cracovie, déjà hôte des mondiaux U18 et U23 en 2016. Certains sportifs qui y ont concouru en junior sont d’ailleurs maintenant venus garnir les rangs de l’équipe U23 comme Marjorie Delassus, Romane Prigent, Nicolas Gestin et Malo Quemeneur. Chez les U23, seuls 3 étaient déjà présents. Pol Oulhen et Lucie Prioux avaient tout deux pris la 8ème place : une belle performance à l’époque pour leur première année dans la catégorie. Quant à Camille Prigent, elle n’était pas parvenue à rentrer en finale mais cette année elle aura fort à faire. Victorieuse lors des championnats du Monde U23 l’an dernier, elle aura donc la lourde tâche de défendre son titre et s’élancera favorite de la compétition.


Chez les moins de 23 ans, Malo Quemeneur ira représenter la France à Cracovie et Liptovsky Mikulas


Coupe du monde 4 - Leipzig - Allemagne (30 août - 1 septembre)

Après 2 mois de trêve, le circuit senior et la coupe du monde feront leur retour sur le bassin de Markkleeberg, lieu d’une étape de coupe du monde en 2017 et des championnats d’Europe 2015. Néanmoins il est difficile de connaître les forces qui seront en présence au départ. En effet, en fonction du début de saison réalisé, certains sportifs pourraient choisir de faire l'impasse sur cette étape pour se concentrer sur la fin de saison, quand d’autres auront à coeur de faire un retour fracassant dès cette course allemande. Ce constat est également vrai pour l’équipe de France puisque la direction technique n’a pas encore choisi les sportifs qui iront défendre les chances tricolores à Leipzig. Le staff devrait laisser l’opportunité aux membres de l’équipe senior de courir mais la porte est ouverte aux jeunes sportifs qui auront réalisé des prouesses lors du mois de juillet. Toutefois, s’y on s’intéresse à ce qu’il s’était passé lors de la dernière coupe du monde la bas, on devrait pouvoir observer des courses intéressantes. Les vainqueurs avaient créé des écarts impressionnants sur leurs dauphins. Jessica Fox avait remporté la victoire en C1 avec 5 secondes d’écart, l’italien Giovanni de Gennaro avait repoussé la concurrence à quasiment 3 secondes. Quant à Ricarda Funk, elle s’était offert le luxe de reléguer Jessica Fox à 2 secondes et demi chez les kayaks dames. Chez les C1H, la bataille avait été plus disputé mais le résultat final est un évènement en soi puisque c’était la dernière victoire de Michal Martikan sur le circuit mondial.


Coupe du monde 5 - Prague - République Tchèque (6 - 8 septembre)

Les habitués du circuit le savent bien, s’il y a une étape à ne pas manquer, c’est bien celle ci : un bassin très technique, des spectateurs nombreux et une ambiance survoltée : Prague se définit comme la capitale de la planète slalom et cette année elle accueille la finale de la coupe du Monde. D’autant plus que les enjeux risquent d’y être nombreux : une belle médaille, un podium au classement général, une sélection olympique ou encore le plein de confiance avant les championnats du monde, voila ce que les athlètes vont venir y chercher. Affûtés comme jamais sur cette fin de saison, les duels entre ces sportifs vont être endiablés et on ne manquera cela pour rien au monde. Régulièrement hôte de compétitions internationales, le bassin de Troja, bien connu de tous les pagayeurs, offre systématiquement des courses impressionnantes et très disputées.

Comme à Londres et Bratislava, cette coupe du monde rentre dans le mode de sélection olympique pour les français. A la fin de la saison, un classement sera effectué en conservant les deux meilleurs performances de chacun sur ces 3 coupes du monde ainsi que leur résultat aux championnats du monde 2019. Le meilleur pagayeur français de chaque catégorie en fonction de ce classement sera sélectionné pour Tokyo 2020. A condition toutefois d'être le meilleur Français aux championnats du monde et de répondre a des critères de performances suffisants (définis par la direction technique nationale).



Si Denis Gargaud veut défendre son titre en 2020 à Tokyo, il devra déjà se montrer à la hauteur en 2019.


Championnats du monde senior - La Seu d’Urgell - Espagne (25 - 29 septembre)

C’est LE rendez vous de l’année 2019. Comme chaque année, les meilleurs pagayeurs de toute la planète seront présents pour se disputer la couronne mondiale. Comme lors des mondiaux de 1999 et de 2009, les nations seront de retour sur le bassin espagnol de Seu d’Urgell. Cette fois ci, l’enjeu est encore plus important car les différents pays n’ont pas droit à l’erreur s’ils souhaitent pouvoir courir aux jeux de Tokyo. En effet, les quotas qualificatifs pour l’évènement tant convoité se décident lors des championnats du monde de l’année précédente. Les 15 premières nations par catégorie décrocheront donc le précieux sésame auquel il faudra ajouter les quotas continentaux délivrés en 2020. Si les français ont l’habitude de s’entraîner et de disputer différentes compétitions la bas, les sportifs des autres pays sont également bien habitués à ce bassin qui a systématiquement acceuilli étape de coupe du monde depuis la saison 2012. Pour la France, cela représente l’étape finale dans le processus de sélection olympique…


Compétition pré-olympique - Tokyo - Japon (24 - 27 Octobre)

Quoi de mieux pour clôturer la saison qu’une excursion au Japon pour découvrir le bassin des prochains jeux olympiques ? Chaque sportif rêve d’y être présent afin de prendre ses marques sur le nouveau bassin olympique. Même si cette compétition est peut être moins prestigieuse que les autres du circuit 2019, l’enjeu pour les sportifs présents sera d’identifier les difficultés de ce nouveau bassin olympique. Néanmoins, réussir le test event n’est pas gage de réussite olympique quelques mois plus tard. En effet, parmi les 4 embarcations vainqueures du test event de Rio en 2015, aucune n’est parvenue à monter sur un podium olympique au brésil en 2016. David Florence avais pris la 10ème place et le C2 slovène composé par Luka Bozic et Saso Taljat avait échoué à la 7ème position. Quant à l’autrichienne Violetta Oblinger et à notre Français Mathieu Biazzizo, tous les 2 vainqueurs lors de la compétition pré-olympique, ils n’étaient même pas présents pour les jeux olympiques un an plus tard.



Nuria Villarubla sera à domicile sur son bassin de Seu d'Urgell pour les championnats du monde 2019

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