• Contre courant

Cédric Joly : «Je n’ai rien à défendre, j’ai tout à prouver»

Sensationnel lors des championnats du monde, Cédric Joly est allé chercher un titre de champion du monde senior. C’était le 28 septembre, sur les coups de midi. Pas vraiment le temps de digérer puisque le voilà déjà embarqué dans une nouvelle année cruciale. Celle des sélections olympiques et, pourquoi pas, de ses premiers JO à Tokyo. Le céiste breton se confie avec fierté et ambition mais aussi avec beaucoup d’humilité et de lucidité sur cette performance incroyable et sur les mois à venir.


Le français entouré de ses 2 plus proches poursuivants, l'espagnol Ander Elosegi et le Slovène Luka Bozic.


Contre-Courant : « Tu es devenu champion du monde il y a un peu plus d’un mois. Tu es redescendu sur terre ou tu es encore sur ton petit nuage ? »


Cédric Joly : « J’ai mis du temps à réaliser ce que ça représente sportivement et médiatiquement un titre mondial. C’est quelque chose d’incroyable, beaucoup de portes qui s’ouvrent. Mais sportivement, ça ne change rien ! Il faut revenir à l’entraînement, perdre à nouveau des chronos contre Nico Gestin ou Alexis Bobon, se planter sur des courses et rebondir pour performer quand ça va compter. »


CC: « On imagine que tout s’est enchaîné à mille à l’heure depuis ta victoire à Seu. Tu as eu le temps de souffler et de prendre un peu de recul sur ce que tu as réalisé ? »

CJ: « Dès l’après-midi de la course, j’ai pris le temps de regarder la finale en intégralité pour comprendre ce qui s’était passé ! Je savais que c’était une belle manche mais la suite... tout est venu très vite après, beaucoup de sollicitations . J’ai vite enchaîné sur le Test Event à Tokyo mais je vais prendre 2 semaines ‘’off’’ maintenant pour souffler et prendre du recul. »


CC: « C’est frappant de voir la différence entre ta façon de courir durant toute ta saison et ta façon de courir aux championnats du monde. Alors que cela à été compliqué toute l’année, tu paraissais très calme et serein à Seu. De la qualification à la finale tout à paru presque facile. Comment expliques tu cela ? »

CJ: « Avant tout, je pense qu’il m’a manqué la capacité à réussir des premières manches cette saison. A chaque fois je sortais de la route en Q1 ou en demi-finale alors que mes Q2 étaient très performantes, avec les meilleurs temps. Aux mondiaux aussi j’ai touché en Q1 et en demi-finale mais cela a suffi pour passer. Donc je me dis que le niveau était là mais j’avais besoin de passer ces premières manches. Le déclic c’était avant la Coupe du Monde de Prague. Je me suis énervé violemment à l’entraînement, j’étais très frustré sur l’eau. Franchement je n’avais plus envie de m’entraîner. On a longuement discuté avec mon coach Yves Narduzzi. J’ai fini par comprendre que je me mettais trop de pression. J’avais des attentes très élevées à l’entraînement. Alors que ce n’est pas à l’entraînement qu’il faut être performant ! Donc j’ai changé d’attitude, j’ai commencé à accepter l’échec. Même à considérer que si je suis en échec c’est que j’apprends. Du coup j’ai recommencé à m’éclater sur l’eau ! Ça a enlevé le gros frein que je mettais à ma progression. Tout le reste, je l’avais déjà en moi. »


"Le déclic c’était avant la Coupe du Monde de Prague. Je me suis énervé violemment à l’entraînement, j’étais très frustré sur l’eau. Franchement je n’avais plus envie de m’entraîner."

CC: « À t’écouter, on dirait que la seule chose qui a changé c’est ton état d’esprit à l’entrainement et au départ des courses ? C’est simple en fait ! »


CJ: « Oui le sport de haut niveau c’est des détails et pour moi, ce qui a fait la différence c’est bien ce changement d’attitude. 3 semaines d’entraînement avec un état d’esprit positif et ouvert à la progression, ça permet de faire des choses énormes... à condition que les bases soient là avant ! »



A mi-parcours, les yeux rivés vers la ligne d'arrivée...


CC: « Dans quel état étais tu à l’échauffement avant la finale ? Qu’est ce qu’on se dit dans ces moments là ? »


CJ: « À l’échauffement j’étais super stressé. On était les 3 canoës français en finale pour la première fois depuis bien longtemps et évidemment ça arrive le jour J, celui de la sélection olympique, en finale des championnats du monde... J’ai entendu le bruit du public pour la manche de Martin et je croyais qu’il avait fait une grosse course (alors qu’il avait effectué une grosse erreur en début de manche, ndlr) . Il restait Denis derrière moi et j’étais certain qu’il ferait une grosse manche. Du coup j’avais pas le choix, il fallait me battre. Je ne voulais pas avoir de regrets. »


"Il fallait me battre. Je ne voulais pas avoir de regrets."

CC: « Dès le début de la finale et l’inversion 3, on t’as senti extrêmement ''agressif'' mais aussi très à l’écoute et lucide. Dans la tête tu te dis quoi ? »


CJ: « C’est surprenant cette inversion parce que dans le start je me suis vraiment répété de partir lentement, à la retenue ! J’ai couru 4 finales senior l’année dernière et à chaque fois je me suis précipité et je sortais de la route. Donc là je voulais vraiment partir en maitrise. Et finalement cette inversion je l’envoie fort mais c’était naturel, dans le mouvement. J’avais pas l’intention de claquer quoi que soit, c’est venu naturellement. »


CC: « Sur la suite de la manche, est ce que tu sens que ça se passe vraiment bien ou alors tu restes connecté à 100% au projet ? »


CJ: « Je n’ai pas vraiment jugé mes sensations pendant la manche. J’étais très concentré sur mes intentions, sur aller vite, ne pas toucher, respecter le projet et tenir mes principes de navigation. Donc je n’avais pas l’impression de faire une grosse manche, j’étais à la bagarre. Mais le bruit que faisait le public à chaque intermédiaire, ça je l’entendais et ça me portait !»


CC: « Et quand tu franchis la ligne d’arrivée ? »


CJ: « Déjà en demi-finale j’avais été très ému de passer en finale après une année de galère. Donc à l’arrivée je sais que j'ai fait une grosse manche, que ça va plus vite qu’en demi-finale, mais c’est surtout d’avoir réussi à placer ma navigation le jour J qui me fait exulter. Après il restait des sacrés cadors au départ. Et surtout il restait Denis ! Donc je me calme vite et je file regarder la course en zone mixte, parce que même le podium n’était pas gagné. »


CC: « Est ce que tu prends conscience également qu’un titre de champion du monde, ce n’est pas rien. Autant au niveau de notre discipline qu’au niveau du sport français, surtout à un an des jeux ? »


CJ: « C’est clair que je ne m’attendais pas à ça. Un titre de champion du monde en année pré olympique, ça marque les esprits et on a vu des gros noms partager ça, comme Martin Fourcade ou la Ministre des Sports ! »



Entre ombres et lumières, à l'image de la saison du français...


CC: « On aimerait revenir sur l’ensemble de la saison ? Quelles ont été tes pistes de travail principales, qu'elles soient technique, physique ou mentale ? »


CJ: « En 2018, j’ai fait une saison très régulière, avec beaucoup de finales et plusieurs médailles en -23 ans. Donc en début de saison 2019, j’avais des pistes de travail qui venaient des échecs en finale essentiellement, car je considérais à tort que ma régularité en qualification et en demi-finale était quelque chose d’acquis. J’ai beaucoup travaillé sur les fins de course notamment. Mais aussi sur la capacité à garder la pointe vers le bas dans les décalées, car ça fait de grosses différences au chrono : j’ai déjà pris 3 secondes en finale de coupe du monde à cause d’un léger travers dans une décalée ! L’autre gros travail portait sur ma posture et ma gestuelle, main supérieure très haute, dos droit, bateau à plat… »


"Je considérais à tort que ma régularité en qualification et en demi-finale était quelque chose d’acquis."

CC: « Finalement on en revient aux essentiels ? Qu’on soit débutant, initié, ou international, c’est la posture, l’équilibre, le coup de pagaie, … »


CJ: « Bien sûr et ça c’est du Narduzzi dans le texte ! Le slalom c’est simple, il y a des règles à respecter pour réussir une course. Je ne crois pas au mystère, à la course qui sort le jour J par hasard ! Pour moi, chaque échec et chaque performance a ses raisons. Et souvent ce sont des choses simples qui ne sont pas respectées : les trajectoires, la distance aux fiches, la posture qui se relâche dans un moment clé, une mauvaise gîte, un coup de pagaie trop tôt ou trop tard… »


CC: « Justement, qu’as tu mis en place avec Yves Narduzzi ton entraîneur, pour y parvenir ?»


CJ: « Du coup on a surtout travaillé en eau vive, sur différents formats mais toujours en eau vive. Physiquement, j’ai essayé de refaire le travail réalisé en 2018 qui m’avait permis de gagner 15% en puissance, mais j’ai vraiment manqué de rigueur. Parce que mentalement, j’étais sur la fin d’un cycle de 3 ans à Pau loin de ma famille, de mes amis, de mes études etc. Et la motivation manquait. »


"Le slalom c’est simple, il y a des règles à respecter pour réussir une course. Je ne crois pas au mystère, à la course qui sort le jour J par hasard ! Pour moi, chaque échec et chaque performance a ses raisons."

CC: « Tu as aussi fait le choix de changer de site d’entraînement à Vaires sur Marne? Pour quelles raisons ? Quelle analyse fais tu de ton nouveau site et groupe d’entraînement ? »


CJ: « C’est pour ça que je suis parti de Pau : j’avais besoin de rentrer chez moi. Je suis parti de chez mes parents il y a 10 ans déjà ! C’est pas la vie que je veux vivre en fait. J’ai eu des moments difficiles avant les sélections avec le décès d’un proche notamment et ça m’a poussé à vouloir me rapprocher de chez moi. En juillet, quand je suis rentré à Pau après les premières coupes du monde j’étais déprimé et j’ai décidé en quelques jours de partir vivre à Paris. Et pour l’instant je m’éclate ! J’ai un équilibre personnel beaucoup plus sain, je vois mes potes tous les jours. Il y a une super dynamique à Vaires. Mais c’est sûr que c’est un pari. J’avais aussi un bon groupe d’entraînement à Pau avec mon entraîneur Yves Narduzzi et Jules Bernardet qui me tirait bien vers le haut. Donc c’est un risque sportif, mais je ne pouvais plus continuer comme ça. Après, en 3 ans à Pau je décroche ma première médaille en -23 ans, ma première sélection senior et mon premier titre mondial, donc aucun regret d’y être allé, c’était une grande expérience avec des gens géniaux. »



Alors président, ça fait plaisir une médaille d'or ?


CC: « Est ce que tu vas travailler avec un nouvel entraîneur à Vaires sur Marne ? »


CJ: « Non. Mon entraîneur reste Yves Narduzzi. Je travaillerai avec les entraîneurs du pôle et notamment avec Jonas Turmeau mais ça sera en coordination avec Yves. C’est lui le référent, le chef. »


"J’avais besoin de rentrer chez moi. Je suis parti de chez mes parents il y a 10 ans déjà ! C’est pas la vie que je veux vivre en fait."

CC: « Et pour cette nouvelle saison, sais tu déjà ce que tu vas travailler en particulier ? »


CJ: « J’ai déjà un gros travail mental pour digérer ce titre devant moi. Il y a aussi une pression qu’il va falloir apprendre à gérer. Et puis si je me sélectionne aux Jeux, c’est tout un contexte très particulier qu’il va falloir découvrir sans perdre de vue l’objectif sportif. Physiquement, j’ai un retard conséquent sur mes concurrents. Je vais chercher à progresser en force, en endurance... un peu partout ! Techniquement, il va falloir apprendre à naviguer sur des bassins artificiels comme Vaires, Londres et Tokyo. C’est très spécial, avec des mouvements d’eau peu francs, de l’eau assez lente... C’est le gros enjeu technique de cette saison. Mais je veux aussi continuer le travail sur ma posture et ma gestuelle, et puis ce qui est génial dans notre sport c’est qu’il y a chaque jour des nouvelles pistes de travail technique, donc ça va émerger à l’entraînement. »


CC: « Est ce que tu cherches encore à t’inspirer de certains pagayeurs au niveau international ? Quels sont ceux dont tu t’inspires et pour quelles raisons ? »


CJ: « Évidemment la référence absolue en terme d’efficacité pour moi c’est Martikan. Il a 40 ans et continue à être régulièrement dans le top 5 mondial. On est beaucoup à s’inspirer de lui, mais moi je n’ai pas la puissance pour naviguer comme lui, donc j’adapte ma façon de naviguer. Je regarde beaucoup les français Martin et Denis, mais aussi Savsek, Slafkovsky... Je crois que l’essentiel c’est la maitrise et l’efficacité. La vitesse ça vient après. Et le modèle d’efficacité c’est Martikan. »


CC: « Ce titre de champion du monde senior te confère un tout nouveau statut. Penses tu que cela va affecter ta manière de courir ou de te préparer ? »


CJ: « Franchement, ce titre va changer beaucoup de choses dans ma vie mais sportivement ça ne change rien. Je vais le mettre derrière moi très vite et recommencer à douter parce que c’est comme ça que j’avance. » `


"Je crois que l’essentiel c’est la maitrise et l’efficacité. La vitesse ça vient après. Et le modèle d’efficacité c’est Martikan."

CC: « À priori, la sélection olympique devrait se jouer à Londres, lors des championnats d’Europe 2020 entre Martin, Denis et toi. Pourtant, certains imaginaient que tu serais pré-sélectionné en tant que champion du monde en titre. Que penses tu de cela ? »


CJ: « Cela me convient. Manou (Emmanuel Brugvin, champion du monde C1 en 1999, ndlr) et Tony (Estanguet, Ndlr) m’ont dit que ce n’est pas un cadeau d’être présélectionné aussi tôt. Ça va m’obliger à me challenger et c’est très bien. C’est comme ça que je fonctionne. De toute façon on ne fait pas du haut niveau pour se reposer sur ses lauriers, sinon autant rester chez soi. On a une course ciblée, aux championnats d’Europe à Londres. Il faudra performer là-bas. J’ai tout à prouver. »


CC: « En effet, on t’a vu beaucoup échanger avec Tony et d’autres anciens de l’équipe de France après tes courses à Seu. Tu peux nous raconter ce dont vous avez discuté ? »


CJ: « On a parlé de comment assumer ce titre, de son expérience notamment en 2008 (T.Estanguet avait échoué à passer en finale aux JO de Pékin alors qu’il était double champion olympique en titre, ndlr), du boulot qu’il y a devant moi pour devenir le leader français… »


"Je vais mettre ce titre derrière moi très vite et recommencer à douter parce que c’est comme ça que j’avance."

CC: « Est un objectif pour toi ? Devenir l’incontestable leader du canoë homme en France ? »


CJ: « C’est un objectif mais le jour où il est atteint, tu peux recommencer le lendemain parce que le haut niveau c’est la remise en question permanente ! Ok, t’es champion du monde… mais demain t’as intérêt à gagner la N1 des Roches sinon t’es une merde ! Et c’est ça qui me fait vibrer. »



La France qui gagne


CC: « Quelle est ta relation avec Denis Gargaud qui a du passer, à tes yeux, en quelques années du statut d’idole à celui de concurrent direct ? »


CJ: « On s’entend bien. Il y a une grosse différence d’âge mais on se respecte et on se tire vers le haut. Il y a aussi Martin (Thomas, ndlr) qui est vice-champion d’Europe donc on a tous les 3 une relation de respect et de concurrence. On ne se marche pas sur les pieds. »


"De toute façon on ne fait pas du haut niveau pour se reposer sur ses lauriers, sinon autant rester chez soi."

CC: « Tu parles aussi beaucoup des jeunes et talentueux céistes français (Bobon, Gestin, Bernardet, …). Quel regard portes tu sur eux ? Est ce qu'ils constituent plutôt une menace pour toi ou au contraire un moyen de faire de la France une nation leader en C1H ? »


CJ: « On a une génération de canoë incroyable en ce moment : Denis est Champion Olympique, je suis Champion du Monde, Martin est vice-Champion d’Europe, Nico (Nicolas Gestin, ndlr) est Champion du Monde -23 et d’Europe -23 et Yoann (Senechault, ndlr) est Champion d’Europe junior ! Je pense que c’est du jamais vu. Donc il y a de belles promesses pour l’avenir. Mais ce n’est pas une menace pour moi, je n’ai rien à défendre et au contraire, j’ai tout à prouver ! J’adore le challenge, la confrontation donc ça ne peut que me tirer vers le haut. »


CC: « Tu reviens tout juste du Test Event de Tokyo. Qu’as tu pensé du bassin et du nouveau site olympique dans son ensemble ? »


CJ: « Je suis partagé. Le bassin n'est pas très gros et les mouvements d’eau ne sont pas francs. Mais le site olympique est très beau, dans un parc au bord du Pacifique. En revanche, il est très exposé au vent. De ce qu’on voit pour l’instant, l’organisation japonaise est à la hauteur. Je pense qu’il y a un potentiel intéressant mais beaucoup de travail sur la configuration du bassin. »


"Le haut niveau c’est la remise en question permanente ! Ok, t’es champion du monde… mais demain t’as intérêt à gagner la N1 des Roches sinon t’es une merde !"

CC: « Sportivement, tu as continué sur ta lancée des mondiaux en prenant la deuxième place après avoir remporté la qualification et la demi finale ? As tu l’impression de surfer sur la bonne dynamique des mondiaux ?»


Bien sûr ! Je suis en bonne forme et j’avais très envie d’en profiter pour notre première compétition sur ce bassin olympique. Donc j’ai décidé de prolonger ma saison d’un mois. Je suis très content d’avoir performé ici parce que j’avais besoin de prouver que les mondiaux n’étaient pas un hold-up. Être en tête en qualification et en demi-finale m’a permis d’apprendre à gérer ces courses où tu pars en dernier. En sachant en finale que Koechlin était allé très vite... c’était vraiment très enrichissant !


CC: « Ça doit quand même donner envie de revenir dans quelques mois, non ? »


CJ: « Bien sur, les Jeux ça fait rêver. Je sens bien que tout le monde ne pense qu’à ça. C’est vrai cependant que je n’ai pas cette ‘’culture olympique’’, de par mon éducation. Ça doit être un événement formidable, mais ce qui m’intéresse c’est le sportif. Si je rêve de gagner les Jeux c’est parce que c’est le Graal, ce qui te consacre comme le meilleur de ta discipline. Mais si c’était les Championnats du Monde ou le Régional de Servon sur Vilaine, ça me ferait autant rêver ! »


"J’avais besoin de prouver que les mondiaux n’étaient pas un hold-up."

Prise d'inspiration avant le difficile enchaînement sous la passerelle.

A propos

Né en 2019 de la passion d'un sport, contre courant est le fruit de réflexions, d'analyses et de questionnements.

Un contenu sérieux, précis et décalé sur l'actualité du kayak slalom français et international.

 

En savoir plus

 

  • White Facebook Icon